Choftim vechoterim titéne leha behol che'aréha...
[Des juges et des policiers tu placeras pour
toi dans toutes tes villes...]
Dans les Tehilim [Psaume 147] il est écrit : maguid devarav
le Ya'akov houkav oumichpatav
leYisra'el, lo assa héne lehol goi oumichpatim bal yeda'oum,
hallelouka.
[Il (D.) dit ses paroles à Ya'akov, ses decrets et ses jugements
à Israel, Il n'a pas agi ainsi avec les autres peuples, Il ne leur
a pas fait savoir Ses jugements, Hallelouka.]
Tous les matins ce verset est récité par de milliers
de Juifs; ces derniers marquent leur différence
avec les autres peuples et remercient D. de leur avoir dicté
des lois et surtout de pouvoir les
comprendre. Même si les lois nous paraissent logiques et simples
(michpatim ) les goyim, les
non-Juifs, n'y ont pas accès parce que D. ne leur a pas donné
la possibilité de les connaître.
Une question nous vient tout de suite à l'esprit : tout le monde
sait que le but du `hok' (decret) et
du michpat (loi) est de faire régner l'ordre dans chaque société.
Quand on nous dit que D. n'a
pas fait savoir Ses loi aux non-Juifs, qu'est-ce que cela veut dire?
Ne sont-ils pas des experts en
magistrature? N'ont-ils pas des systèmes bien établis
en droit pénal, financier etc...?
En vérité ces questions ne commencent pas si nous savons
que les bases sur lesquelles les 2
systèmes sont fondés sont éloignées comme
la distance qui sépare le ciel de la terre.
En effet, le système juridique juif prend racine dans les paroles
transmises par D. à Moché
rabénou (notre maître Moïse) au mont Sinaï.;
toutees nos lois nous les puisons entièrement dans
la Torah. Tandis que le code pénal laïque est le résultat
de l'intelligence humaine et de ses
défaillances. En d'autres termes, notre Loi est divine, éternelle
et parfaite.
Au juge de savoir bien étudier la halaha qui débouchera
avec l'aide de Hachem (D.) sur un
jugement Emet (vérédique).
Dans le midrach lekh lekha on nous apprend qu'à Sodome il y
avait un tribunal qui décidait
l'organisation intra-muros dans les domains sociaux, juridiques etc...
- intéressant, quand on sait
comment Hachem (D.) les a jugé ! - Il n'y avait pas une faute
qu'ils n'avaient pas commises !
Beaucoup de gens s'imaginent, aujourd'hui, être loin de cette
époque. Mais des faits divers lus
dans des dizaines de journaux pourraient servir d'exemple au Midrach
lekh lekha.
En Amérique, un homme déjeune au restaurant. A la suite
de ce délicieux repas, il a un très forte
indigestion qui le cloue au lit pendant des semaines. Il traîne
le restaurateur au tribunal. Verdict
$5000 d'indemnisation. Mais le restaurateur contre-attaque, il prétexte
au juge que son client bien
portant et même obèse avant de consommer ce fameux repas,
a perdu tous ses kilos en trop
graçe à sa maladie, ce qui lui a évité
un régime qui lui aurait coûté beaucoup d'argent. -
Sur ce
nouvel élément le juge revient sur sa décision
en rendant quitte le restaurateur. Alors, qu'est-ce
que vous en pensez? Sodom, ça n'est pas trop loin de nous, non
?!
L'autre aspect de la loi juive au delà de son rôle codificateur
est son rôle indispensable dans la
substance de l'univers. Comme nous le dit la michna dans Pirké
Avoth : le monde repose sur trois
choses; sur la vérité, la justice (dans la Torah) et
le chalom (la paix).
Le chofet ou dayan, le juge en français, a une démarche
tout à fait particulière dans la Torah.
C'est qu'avant de faire actionner son art de la jurisprudence, il va
se soumettre aux 613 articles du
Code Divin.
S'il a le mérite d'aboutir à un jugement emet (VRAI),
la guemara (Talmud) le qualifie d'associé
de D. dans la création.
Aujourd'hui on va dire d'un bon juge lorsu'il a réussit à
appliquer la loi en la contournant, c'est de
l'art! Il n'a peur de rien puisqu'il personne n'est au dessus de lui.
Mais le chofet, avant même de commencer à professer, doit
voir les choses sous un autre angle.
La guemara est nette et claire: un dayan ou chofet qui veut véritablement
remplir sa tâche doit
considérer qu'il a une épée entre les jambes et
l'enfer ouvert sous ses pieds. Position assez
inconfortable, Votre Honneur, pour penser à contourner la Loi,
non?!
La profession de chofet n'est ni un métier facile ni normal.
Hachem le considère comme Son
associé, pas moins que ça. Alors, si on vous propose
d'inscrire ASSOCIÉ D'HACHEM sur
votre carte de visite, qu'est-ce que vous en dites?