PARCHAT HA'AZINOU

TORA, NOURRITURE DE L'AME

 

Dr. Albert Benichou
Chirurgien dentiste, Marseille

Moché Rabénou consacre les derniers instants de sa vie à mettre en garde la nouvelle génération du peuple d'Israel contre les dangers d'un abandon des lois de la Torah. Il le fait dans des termes poétiques dans un cantique qui témoigne du très haut degré de prophétie de notre maître. Le texte dévoile des vérités historiques indéniables. Passant en revue successivement les bienfaits de la Providence divine, les défaillances futures d'Israèl, puis la sanction rigoureuse de l'Eternel, le Cantique "Ha'azinou" atteste en termes clairs la délivrance future d'Israel. C'est en quelque sorte un hymne à la venue du machi'ah.
Le verset (32/3) du Cantique dit : "qui chem Hachem ekra, havou godel le'élokénou." - Lorsque j'invoque le nom du Seigneur, rendez gloire à notre D.
Le Talmud dans le traité de Berahoth 21a déduit de ce verset l'obligation de faire une beraha, une
bénédiction, avant l'étude de la Torah. Ramban, dans sa nomenclature, considère cette bénédiction comme une mitsvah de la Torah. L'obligation de réciter une beraha après l'étude, résulte d'un raisonnement à fortiori.
Concernant la nourriture corporelle, qui procure une jouissance passagère, la Torah nous prescrit
explicitement de faire une beraha après le repas, le Bircat hamazon. A plus forte raison faudra-t-il remercier D. pour une nourriture spirituelle, l'étude de la Torah, qui procure un bénéfice éternel ('hayé olam).
On constate que l'obligation de prononcer une bénédiction est prescrite avant toute étude de la Torah, alors qu'elle l'est après le repas. Quelle est la raison de ces cas inverses ?
Certains commentaires expliquent cette différence ainsi : la nourriture corporelle représente un besoin indispensable à l'homme pour sa survie. Il va donc logiquement rendre grâce à D. au moment où il reçoit ce bienfait. Par contre l'homme ne perçoit pas, à priori, l'étude de la Torah, nourriture de l'âme, comme étant essentielle. Il semble que la Torah prescrit la mitsvah de louer Hachem à un moment où l'homme ne