PARCHAT HOUKAT

LA FAUTE DE MOCHE

M. Roger Attia,
Collel de Marseille

Le sujet que nous voudrions aborder ici est la faute de Moché et d'Aaron. Pour cela, résumons d'abord l'histoire en quelques lignes.

D. ordonne à Moché de prendre le bâton et de parler au rocher. Moché exécute cet ordre de D. mais réunit au par avant le peuple autour du rocher et leur dit : "Ecoutez, rebelles, de ce rocher sortira de l'eau." Moché tend son bras et frappe le rocher par deux fois.

D'après le commentaire de Rachi la faute était en effet d'avoir frappé au lieu de parler au rocher comme il est explicitement écrit "et vous parlerez au rocher". Selon cette explication Moché tenait le bâton de Hachem qu'il utilisait pour tous les miracles, comme il est écrit: "et ce bâton prends le dans ta main et tu feras tous les miracles" (Chemot 4/7). Alors nous comprenons l'ordre de prendre ici aussi ce bâton en main pour parler au rocher. Moché a donc diminué la force du miracle car le rocher était capable de faire couler l'eau déjà rien que par la parole ce qui aurait sanctifié le nom de D. davantage car dans ce cas les Bné Israël auraient certainement réagi en se disant : de la même façon que ce rocher n'entend pas réellement les paroles e Hachem et cependant obéit quand même, à plus fort raison pour nous même qui avons entendu Hachem parler.

Cependant, le fait d'avoir frappé le rocher a fourni un argument aux moqueurs qui pourront dire que c'est l'intelligence humaine qui a fait jaillir l'eau ou bien encore que c'était par la sorcellerie.
Rambam (Chemoné Perakim, 4ème paragraphe) avance un autre point de vue sur le sujet et établit que la faute de Moché fut d'avoir utilisé le terme 'rebelles', amorim ; le plus grand maître du peuple juif s'était mis en colère ! D'après la tradition, colère égal faute! Selon Rambam tous les Bné Israël attendaient que Moché soit le libérateur de leurs problèmes spirituels. Le Kedouchat Lévi explique que l'avis de Rachi et du Rambam font en vérité une seule explication.

Il existe deux sortes de justes. Tout d'abord il y le tsadik qui ne cesse de réprimander les Bné Israël jusqu'à ce qu'ils fassent techouva et se repentent. D'autre coté il y le tsadik qui montre le coté positif des Bné Israël jusqu'à ce qu'ils aient honte de leurs fautes. La différence entre les deux réside en cela que quand les Bné Israël font techouva de leur propre gré, alors la nature se soumet à eux et elle fait sa volonté car le monde est créé pour les Bné Israël. Mais si une personne fait techouva seulement à travers des durs reproches, c'est lui qui doit se soumettre aux lois de la nature car ce n'est pas complètement de sa propre volonté qu'il a agit ainsi.

Il en ressort que, comme Moché s'est mis en colère sur les Bné Israël, le rocher n'avait pas à accomplir sa parole, mais Moché a été obligé de frapper le rocher pour que l'eau sorte tout de même.


Je voudrais ajouter ici encore un dvar Torah, un commentaire, que j'ai entendu de Rav Grosman de Bné Barak.
Selon le texte imprimé dans certains sidourim, on dit le jour de Hocha'ana Raba dans la prière pour l'eau: -.... "il est écrit : il (Moché) a frappé le rocher et les eaux sont sorties"-. Est-ce donc un mérite de mentionner la faute de Moché notre maître ce jour de Hocha'ana Raba ? Si encore Moché n'avait pas fauté, on aurait pu faire le raisonnement à fortiori qu'on a cité plus haut au nom de Rachi. Mais c'est que Moché connaissait la faiblesse des Bné Israël et si plus tard ils auraient fauté Hachem pourrait leur reprocher vous êtes moins que le rocher et cela aurait été une accusation pour le peuple juif.

Il y avait une fois un talmid, un élève, qui allait faire la prière de Tachlich à Roch Hachana avec son maître. Ce dernier dit à l'élève : "Maintenant je vais jeter mais fautes dans l'eau." Et à l'élève de répondre: Maître, vos avéroth, vos fautes, sont pour moi des mérites. De la même, les avéroth, les fautes, de Moché sont pour nous des mitsvoth. C'est pour cela que le jour de Hocha'ana Raba on mentionne cette faute de Moché Rabénou.


Ce Devar Torah est dédié le-ilouî nichmat SARAH BAT ESTHER et AZIZA BAT SARAH


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

fleche hautPage principale