PARCHAT PIN'HAS

PIN'HAS HACHALEM

(d'après un dvar thora de Rav Itshak. JESSURUN)

Dr. Halimi Frank
Orthodondiste, Marseille

Après que dans la paracha Balak, Pin'has ait tué Zimri Ben Salou qui avait cohabité avec Kosbi Bat Tsour la madianite, Hachem dit à Moché : "Lachen émor hinéni noten lo et bériti chalom : dit lui (à Pin'has) que je lui accorde mon alliance de paix...". Et, fait exceptionnel, la lettre vav de chalom est écrit queti'a c'est-à-dire qu'elle est coupée en deux sans que pour cela le sépher torah ne soit passoul !

Ceci permet donc de lire le même mot soit avec le vav : chalom = paix, soit sans le vav : chalem - entier, l'une des lectures excluant l'autre. Il existe donc apparemment un antagonisme dans la vie :

Comment comprendre alors que cet antagonisme apparaisse au moment même où Hachem promet une alliance de paix ?

Justement, selon le Midrach Rabba, Pin'has, dans son acte de guerre, a réussi à être complètement chalem. En tuant Zimri Ben Salou, il n'a pas mis dans son geste le moindre soupçon de vengeance personnelle ni de haine, mais il l'a fait uniquement lichma, (il n'est pas étonnant que lichma et chalem se composent des mêmes lettres). Du fait même de cette chélémoute, Hakadoch Barouch Hou lui promet une alliance de paix : paix avec son entourage et les autres Bene Israel, mais également avec soi même et ses propres valeurs.

Un exemple de cette alliance qui nous semblera plus proche est celui du Baal Téchouva qui tout à coup se met à faire Chabbat et à respecter plus scrupuleusement la Cacherout et qui refuse du jour au lendemain de manger chez ses parents : quel drame de famille ! que de tensions et de conflits en perspective ! Tout était beaucoup plus simple avant ! Mais si sa téchouva est lichma et réellement sincère, si ce n'est pas pour lui un moyen de ''régler ses comptes" (même dans une infime mesure) avec ses parents, alors Hachem lui promet qu'obligatoiremen ceux ci finiront par accepter son choix et même y adhérer activement, et que le véritable chalom régnera dans la famille.

La question qui se pose alors est de savoir d'où Pin'has tire sa chélémoute et sa force de caractère : en effet il n'a pas hésité à tuer un prince de tribu d'lsrael en train de faire zenout et avoda zara sans jugement, sans Beth Din, et devant son maître Moché Rabénou !?

Un élément de réponse se trouve à la fin de la paracha Balak, où le verset rapporte "vayar Pin'has : Pin'has a vu " et il a tué Zimri Ben Salou et Kosbi Bat Tsour la madianite. Le Midrach Rabba pose la question : est-ce que Pin'has est le seul à avoir vu la scène ? Et pourtant il est écrit : lé'éné Moché oule'éné col 'adat béné Israe/ : aux yeux de Moché et aux yeux de toute l'assemblée d'lsrael ". Qu'est-ce que donc Pin'has a vu de plus que les autres ? La réponse du Midrach est qu'il a vu l'acte et il s'est souvenu de la Halakha qu'il avait étudiée : " habo'èl aramit kanaïm pogue'in bo : les jaloux (pour Hachem) brisent ceux qui ont des rapports avec les Araméennes ".

Pin'has avait une telle force dans l'étude que, lorsqu'il étudiait, il voyait (vayar) il vivait littéralement la halakha. C'est cette qualité d'étude qui lui a permis de réagir immédiatement et avec chelémout à la scène qui se déroulait sous ses yeux : il ne la considéra alors que comme une situation de halakha déjà rencontrée. Nous voyons donc que Pin'has, grâce à la qualité de son étude, a atteint un degré de chélémoute et de avodah tel, que Hachem lui envoie son alliance de paix. Il fait partie des talmidé hachamim dont parle la demière michna de la masséhet Berrachot : "talmidé hachamim marbim chalom ba'olam : les talmidé hachamim augmentent la paix dans le monde".

Qu'Hachem nous accorde le mérite d'atteindre le niveau de qualité d'étude de Pin'has, afin que nous soyons chalem et chalom en même temps.
  


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

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