PARCHAT RE'EH

LA SOURCE DE LA GENEROSITE ET DE LA CRAINTE

M. Yossef Dahan
Collel, Jérusalem

Ki pato'ah tifta'h et yadeha lo ve 'aavet ta'aviténou dé mahsoro acher ye'hsar lo.
Tu lui (au pauvre) ouvriras ta main ou tu lui prêteras suffisamment, selon son besoin.
(Devarim/Deutéronome-15/8)
Le Talmud (Soucah 49b) nous rapporte le passage suivant : Rabbi Eliézer dit : "Tout celui qui
accomplit la tsedaka (la charité) et la justice est considéré comme s'il a rempli le monde entier de
bonté, ainsi qu'il est dit, Psaumes 33, celui qui aime la tsedaka et la justice, la terre se remplit de
bonté divine.
Tu peux te dire, peut-être, que cette mitsva de tsedaka est facile à réaliser, que se présenteront à
nous des hommes convenables, réellement pauvres ? Sur ce point vient le verset de Psaume 33 -
Ma yekar 'hasdeha Elokim, combien est chère et difficile de réaliser Ta bonté.
J'aurais pu croire que cela concerne aussi une personne qui craint D. ..., alors le verset dit encore
La bonté de D. est sur les hommes qui le craignent."
Rav 'Hanna bar Pappa dit : "tout homme qui est doté de bonté est un signe qu'il craint le Ciel, ainsi
qu'il est dit la bonté de D. est sur les hommes qui le craignent."
Quel point commun existe-t-il entre la bonté et la crainte, demande Rav Chlomo Wolbe chelita,
dans son livre 'Alé Chour, pourtant ces deux valeurs ont des caractéristiques différentes et
opposées ?
A notre grand étonnement, ces valeurs ont une même source dans le nefech, l'esprit.
Il existe des gens qui regardent en dehors d'eux mêmes et d'autres qui ne regardent qu'eux
mêmes.
Celui qui ne voit que lui même, ne ressent que ce qui lui manque, il ne vit que par sa propre
puissance et il ne voit pas son prochain. Celui qui ne voit pas son prochain, ne voit pas une
personne qui est dans le besoin, de même il ne voit pas son Créateur.
La chose ressemble à une personne installée dans une pièce où les portes et fenêtres sont
fermées, au point qu'elle ne peut rien voir de l'extérieur. Dès qu'elle ouvre un petit peu la fenêtre,
aussitôt elle voit tout, le ciel et la terre.
Ainsi, celui qui est renfermé sur lui même, les portes et fenêtres de son coeur sont fermées, et
excepté ses volontés, rien n'existe.
Dès qu'il ouvrira son coeur, sa sensibilité, comme le chas d'une aiguille, il verra tout ; le Créateur
et l'autre.
Ainsi, celui qui se renforce sur son penchant naturel et qui ouvre son coeur, adopteras deux vertus
: la générosité et la crainte.
Dans un autre chapitre, Rav Wolbe dit que le fondement de la générosité est inscrit dans ce verset
déjà cité plus haut : "Tu ouvriras ta main au pauvre ou tu lui prêteras selon son besoin."
Rachi explique, qu'il y a lieu de donner au pauvre même un cheval sur lequel il chevauchera ainsi
qu'un serviteur si vraiment ils lui manquent.
Celui qui est plongé dans ses propres pensées est incapable de voir ce qui manque à son
prochain. Peut-être il pourra voir et comprendre qu'à son prochain lui manque ce qui manque à lui
même.
Cependant, entrer dans la situation de l'autre, dans le passé et au présent, et comprendre qu'il lui
manque quelque chose qui pour lui est considéré comme du luxe ou sans aucune valeur, n'est pas
dans la possibilité de celui qui ne s'aime que lui même.
  


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

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