"Et Israèl campa là-bas, devant la montagne." [Chemoth/Exode 19:2]
"Et Israèl campa : la forme au singulier montre qu'ils étaient unis, comme un seul homme, avec un seul coeur" [Rachi sur place]
La Torah n'a pas été donnée à l'individu et pas non plus aux 600 000 personnes présentEs alors. Elle a été donné uniquement à une seule nation unifiée ; leur volonté d'être un seul coeur transforma 600 000 individus en une entité :
"Puisque Israèl rejeta la discorde et adopta l'harmonie, vivant comme `un', le temps est mûr pour Moi de leur donner la Torah." [Derekh Erets Zouta 11]
Cette parole de nos sages donne un éclairage au fait que le don de la Torah ne fut réalisé dans son sens le plus complet qu'un millénaire plus tard, lors de la renaissance spirituelle qui accompagna les événements de Pourim. (voir guemara Chabbat 88a)
Nos sages évoquent le don de la Torah au mont Sinaï comme involontaire, et la nouvelle acceptation de la Torah à Pourim avec plus d'empressement, d'une nature plus profonde.
Qu'est-ce qui a amené cet engagement plus profond à Pourim?
La solution doit être trouvée dans le fait que le Peuple Juif dans la période de Pourim était totalement uni. Les décrets d'extermination de Haman unifièrent le Peuple Juif comme jamais auparavant. en temps de danger, les querelles et les zizanies personnelles disparaissent et les personnes se sentent plus concernéEs par le bien être de leur communauté et moins par leurs différences personnelles. - Les événements de Pourim permettent donc une acceptation beaucoup plus profonde de la Torah.
Avec ceci, on peut comprendre l'affirmation du Ari zal que YOM KIPPOUR est YOM KEPOURIM; que le Grand Pardon est un jour comparable à Pourim, avec l'implication que Pourim est le plus grand de deux.
Yom Kippour est un jour où chacun se purifie jusqu'à ressembler aux anges, s'élevant au dessus des jalousies et animosités habituelles. Mais Pourim rapproche les gens à travers la charité, la joie, la fête et surpasse donc Yom Kippour dans son habilité à unifier la communauté d'Israèl.
Le commentaire de Rachi cité plus haut montre que ce n'est pas `a'hdout',- unité, qui est employé, mais plutôt celui de `belev e'had'-avec un seul coeur. Ce terme implique que l'apparence extérieure de l'unité n'est pas suffisante.
C'est ce qu'il y a derrière l'acte et non sa simple expression extérieure qui a été la condition nécessaire au don de la Torah. C'est l'amour profond de l'un vers l'autre, sans arrière pensée, qui produit l'unité du coeur.
Le rav Yitzhak de Vorki note que le terme `vayi'han' de notre verset, qui veut dire `campa', vient aussi du mot `hen', qui veut dire `obtenir une certaine faveur'. C'est à dire que les gens trouvèrent grâce aux yeux des uns et des autres et donc aux yeux de l'Eternel.
Il ajoute que lorsqu'on voit uniquement les erreurs et les mauvaises actions des autres, on s'éloigne d'eux. A l'inverse, en voyant le bien qu'il y a en eux, on s'en rapproche. Cette unité est une exigence fondamentale à l'acceptation de la Torah.
Comment cela peut il être développé? Dans le `Na'hal Kidoumim' on voit que la proximité n'est possible que s'il y a humilité. En venant au Mont Sinaï, symbole de l'humilité, les Bné Israèl ont intériorisé cet attribut. Si l'on est humble, on ne ressent pas le besoin de dominer les autres ou de se sentir supérieur aux autres en relevant leurs défauts.
L'amour des autres, n'y voir que le bien qu'il a en eux, et être humble, vont tous ensemble. En cultivant ces aspects de notre personnalité, on devrait être apte à recevoir la Torah.
Lorsque Ya'akov réunit ses fils, il leur demanda de s'unir ensemble [Beréchit/la Genèse 49:1]. La Rédemption ne viendra dans la descendances de Ya'akov uniquement si l'unité se crée. Cette idée est une issue cruciale pour notre époque. Les gens sont très différents les uns des autres. Mais si tous les descendants de Ya'akov réalisent à quel point il est important d'avoir la `A'hdout', l'unité, alors il y aura un développement exceptionnel de l'amour de l'un pour l'autre.
Les quatre espèces que l'on doit prendre ensemble lors de la fête de Soucoth,, nous le savons, symbolisent tous les composants du peuple Juif. Les saisir ensemble est un signe de paix et d'unité. Et, comme le début du verset le dit, [Vayikra 23:40] c'est en les rassemblant avec force que l'on accomplira la fin du verset "ousma'htem lifné Hachem Elokim" Et vous vous réjouirez devant Hachem [Kli Ya'akov].
Eviter au maximum la "dispute" est une garantie pour pouvoir se réjouir de ce que l'on a et pour éviter souffrances et douleurs.
La `berakha' de `Birkat Kohanim' est tout au singulier.
Rabbi Moché Leib de Sassov dit que c'est pour nous enseigner que la plus profonde des bénédictions est la solidarité.
Lorsqu'on ressent l'unité entre nous, en cela il y a une grande bénédiction, car, après tout, malgré nos différences, ne sommes-nous pas tous à l'image de D.?
Dans Sanhédrin (20a) il est dit : le texte des Proverbes - "la grâce n'est que mensonges", se rapporte à la génération de Moché et de Yehochoua. La suite de ce verset, "la beauté n'est que vanité", se rapporte à la génération du roi Hizkiyahou. La fin du texte, "celle qui craint D. mérite toutes les louanges", à la génération de rabbi Yehouda bar Ilaï... Quand six disciples n'avaient qu'un seul vêtement pour se couvrir et c'est ainsi qu'ils s'adonnaient à l'étude de la Torah!
Rachi explique que la guemara voulait montrer le sacrifice exemplaire effectué pour l'étude de la Torah par la génération de rabbi Yehouda bar Ilaï.
Mais on peut aller plus loin et se demander si six personnes se couvrent avec une même couverture, est ce qu'un seul d'entre eux peut avoir chaud? La réponse est que si chacun tirait la couverture à lui, aucun aurait été couvert. Mais si chacun pousse la couverture vers son voisin, afin de s'assurer qu'il soit suffisamment couvert, alors les 6 ont sûrement chaud. C'est la préoccupation permanente que l'on doit avoir à l'esprit pour le bien être d'autrui, le vrai `belev é'had', qui peut engendrer une génération se distinguant par le niveau de son étude en Torah.
La génération de Moché se tint au Sinaï et fut le témoin de la révélation Divine. Et ceci fut tout de même fausse grâce par rapport aux générations suivantes.
`Hizkiyahou imprégna Israèl d'un esprit d'étude tellement fort que chaque homme et même chaque enfant connaissait les lois de pureté les plus difficiles. Et ceci était vu `beauté vaine'...!
Ce sont les disciples de rabbi Yehouda bar Ilaï qui vivaient dans un tel état de pauvreté et pourtant prêtaient tellement attention aux autres, qui ont été distingués comme la génération craignant D. et méritant donc de toutes les louanges.
C'est leur `belev e'had' qui leur a permis de recevoir la Torah à son niveau le plus grand.