PARCHAT TAZRIA

LE PARDON DU LEPREUX

adapté du commentaire du 'Hafets 'Haïm sur la Torah


Dr Georges Bensousssan
Médecin-généraliste à Marseille

Et si la plaie de la lèpre a complètement tourné au blanc sur la peau, elle est pure (Vayikra 13/13)

Il y a une chose apparemment étonnante: du fait que l'apparition d'un poil blanc dans une lésion, de ce qu'on appelle communément lèpre (tsara'at), est un signe d'impureté, comment se fait-il que lorsque toute la peau est devenue blanche l'individu ainsi atteint devient alors pur?

Après mure réflexion il est possible d'apprendre d'ici combien est repoussant l'orgueil aux yeux d'Hachem (D.) et, au contraire, combien sont appréciées la soumission et l'humilité.

Ainsi nous trouvons à propos d'Ahab, un roi d'Israël, (Rois I/21)qui avait commis maintes abominations et qui avait signé un décret d'assassinat de Nabot, qu'Hachem a mandaté Eliahou Hanavi (le prophète Eliahou) de lui faire savoir en Son nom : "A la place même où les chiens ont léché le sang de Nabot, ils lécheront aussi le tien." Hachem promet aussi de susciter le malheur contre sa maison.

Quelle fut la réaction d'Ahab ? Il déchira ses vêtements, se couvrit le corps d'un cilice et jeûna. Alors Hachem s'adressa à Eliahou Hanavi : "Tu as vu comme Ahab s'est humilié devant Moi? Pour le prix de cette humilité, je ne susciterai le malheur sous son règne."

Nous avons ici la preuve formelle qu'il y a dans la soumission une force extraordinaire qui est capable d'annuler un décret qui vient d'Hachem Lui même.

Revenons à notre sujet. Il est connu que la tsara'at (la lèpre) est la conséquence directe de deux fautes : la médisance et l'assassinat.

Or, quelle est la punition de l'individu qui se trouve atteint de lèpre : c'est l'isolement, afin qu'il puisse réfléchir sur la nature de la faute qui a provoqué cette lésion.

Mais cette mesure de quarantaine n'intervenait que lorsque toute sa chair n'avait pas encore blanchi.

La raison en est que le metsora, le lépreux, pouvait très bien imaginer que cette plaie était fortuite et ne pas tirer les enseignements qui s'imposaient.

Alors la Torah a imposé de le reléguer hors des trois camps, afin qu'il puisse prendre conscience que cette plaie est venue directement de la main d'Hachem.

En revanche, lorsque la tsara'at recouvrait complètement l'individu, de la plante des pieds jusqu'à sa tête, il est alors certain que son cœur était brisé, de telle sorte que l'isolement n'avait plus de raison d'être.

En effet, une telle personne qui est ainsi touchée ne peut imaginer un seul instant que cet événement est accidentel ou fortuit.

Il va se soumettre et s'annihiler devant Hachem comme l'a fait Ahab.

C'est pourquoi la Torah décrète koulo hafakh lavan tahor, s'il la plaie de la lèpre a complètement tourné au blanc sur la peau, elle est pure.

Cela signifie que ce metsora, ce lépreux, n'a plus besoin d'une autre punition. Le sentiment d'humilité qu'il va ressentir lui apportera le pardon.
 


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

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