Mr Eliahou Bismuth
Collel Slabodka, Bné Baraq
La définition d’un Juif " cacher " selon la Torah est bien connu : un Juif " cacher " est quelqu’un qui reconnaît son Créateur, qui admet que ce monde n’est qu’une préparation au monde futur et qui se conduit dans toutes ses affaires en vérité et en droiture comme la Torah le prescrit : " Ve’assita haychar vehatov ", Et tu feras ce qui est droit et bien.
Malgré le fait que la personne qui est parvenu à avoir un tel comportement soit certainement déjà très noble, elle ne se qualifiera pas encore pour autant de Juif " cacher " tant qu’elle n’accomplira pas les mitsvoth que le Créateur nous a ordonnées, aussi bien celles qui gèrent la conduite envers l’Eternel appelées mitsvoth béne adam lamakom, telles emouna, (la foi) tsitsith, tefilin et Chabbat que celles qui gèrent la vie entre l’homme et autrui, béne adam le’havéro, telles l’amour du prochain, l’interdiction de la vengeance, l’obligation de rendre l’objet trouvé et l’interdit du vol.
Nos ‘hahamim (sages) nous enseignent encore qu’il est impossible de faire une scission entre ces deux catégories de mitsvoth et si quelqu’un part du principe d’accomplir une seule de ces deux sortes des mitsvoth, alors pour la ‘halaha même cette catégorie il ne l’aura pas accomplie complètement.
Bien que nos sages ont recommandé dans les Pirké Avoth [Maximes de Nos Pères 2/1] : " Sois minutieux avec l’accomplissement d’une mitsvah simple comme avec celle d’une mitsvah importante, car tu ne connais point leur récompense, nous trouvons en plusieurs endroits du Talmud un statut tout à fait spécial de la mitsvah de Talmud Torah, d’étudier la Torah. La source de cette mitsvah se trouve dans notre paracha, dans la section du " Chema " : vechinanatam lebanékha " et tu enseigneras (les paroles de la Torah) à tes enfants.
Du terme employé, vechinanatam, dérivé du mot chéne, la dent, nos sages déduisent dans le traîté de Kidouchin que " les paroles de la Torah soient aiguisées (comme la dent) dans ta bouche, de sorte que si une personne te pose une question que tu ne bégaies point mais que tu puisses répondre immédiatement ".
Et la michna Péa énumère les mitsvoth dont l’homme " mange les fruits dans ce monde, tandis que le capital lui est gardé pour le monde à venir " : Le respect des parents, la bienfaisance, ramener la paix entre les hommes, et la michna conclut que la mitsvah de Talmud Torah " keneged koulam, fait le poids avec tous. Le Talmud Yerouchalmi commente cette michna en disant que même si une personne a accompli toutes les mitsvoth mentionnées dans la michna et même si elle a accompli toutes les mitsvoth de la Torah, l’étude de la Torah restera supérieure !
D’une façon similaire nous trouvons un paradoxe entre deux énoncés de la guemara, d’une part on enseigne dans le traîté Meguila 16b que " Talmud Torah est plus grand que le fait de sauver une vie " et d’autre part la hala’ha a établi que " l’argent destiné à l’étude de la Torah peut être utilisé pour sauver la vie d’une personne en danger ". Le Touré Zahav (Yoré Dé’a 251/6) répond à la question en disant que c’est certain que l’obligation de sauver la vie prime sur toute autre obligation ce qui ne contredit pas le fait que le mérite de l’étude de la Torah est plus grand que le mérite de toute autre mitsvah, y compris celle de sauver la vie à quelqu’un.
Pareillement nous trouvons que le Talmud souligné la gravité de la négligence de l’étude de la Torah. Ainsi la guemara ‘Haguiga 5b raconte qu’Hachem (D.) pleure quotidiennement sur trois catégories de personnes dont l’une est celle qui a la possibilité d’étudier la Torah et ne le fait point.
Et Rachi dans son commentaire sur la Torah (Vayikra 26/14) rapporte le midrach qui dit que toutes les malédictions marquées dans la paracha de Be’houkotai se réfèrent également à celui qui a la possibilité d’étudier la Torah et le néglige délibérément.
Encore nous trouvons Rabénou Yona (Cha’aré Techouva 3/14) citant la guemara Yerouchalmi qu’Hachem a pardonné des fautes comme l’idolâtrie, le meurtre et la débauche (qui sont les fautes les plus graves de la Torah et qui ne doivent pas être transgressées même lorsque la vie est en jeu !) mais la faute d la négligence de l’étude de la Torah, Hachem n’a point pardonnée !
A première vue nous pouvons expliquer l’excellence de la mitsvah d’étudier par rapport à toutes les autres mitsvoth par le fait que cette mitsvah est la clef et l‘assurance de l’accomplissement et au maintien de la Torah pour toutes les générations car sans Talmidé ‘hahamim, (érudits de la Torah) il n’y a point d’espoir que la Torah se perpétue et la pratique de toutes les mitsvoth finira par s’abolir.
Toutefois, cette explication n’est certainement pas suffisante pour répondre à toutes les questions posées. C’est pourquoi la raison véritable nous semble que le fait même que quelqu’un cherche à connaître toutes les lois du Roi, qu’il s’intéresse à elles et les approfondit afin de ne pas s’éloigner d’un pouce du désir de son Créateur, est considéré comme le plus grand témoignage possible d’une sanctification du nom d’Hachem (Kidouch Hachem), ce qui est le but ultime de toute la création. Ainsi nous trouvons dans le Zohar (cité par le Néfech HahaIm 4/10) que D. et la Torah sont un, et celui qui s’attache à la Torah est considéré comme s’il s’attache à Hachem Lui même, heureux il sera, et heureux sera sa part !
De tout ceci nous pouvons conclure jusqu’où cette mitsvah est
primordiale et combien toute personne doit d’efforcer de consacrer tout
le temps possible à l’étude de la Torah qui contient une
guérison pour tous les maux et qui apporte toutes les bénédictions.