Mr. Yehochou’a Amzallag
Collel, Bné Barak
Dans cette paracha nous devons nous pencher sur le thème central qui est la préparation du peuple juif par Moché rabénou (notre maître Moïse) vers une transition à un état complètement différent de la situation du peuple juif après la mort de Moché. Et cette préparation est la cause principale de la différence totale de la réaction du peuple juif dans le désert de Sinaï lorsqu’il croyait Moché mort et qu’il a confectionné le veau d’or pour y palier au manque et sa réaction ici lorsqu’en effet Moché quitte ce monde.
Cette préparation est composée de trois parties, à savoir : l’ordre des deux dernièrs des 613 commandements (Hakhel/la rencontre du peuple au grand complet tous les sept ans à Jérusalem pour écouter une lecture collective de la Torah et l’écriture d’un rouleau de la Torah.) et l’ordre à Yehochou’a. Au fond ces trois parties relèvent du même thème : le symbole de la continuité et la pérennité du peuple comme nous allons l’expliquer.
1) Dans la mitsvah d’hakhel le point qui ressort est de voir qui est inclus dans cette obligation – jusqu’aux petits enfants ! – et ce, " pour donner une récompense à ceux qui les amènent " (voir commentaire de Rachi). Les commentaires expliquent qu’une marque indélébile se grave dans les cœurs des enfants qui verront cette manifestation exceptionnelle et ils sauront que l’étude de la Torah occupe une très grande place dans l’ordre d’importance.
Toutefois, il y a encore un deuxième point, le fait que les hommes viennent dans le but d’étudier, c’est-à-dire de renforcer le lien entre la loi écrite et la loi orale.
2) On retrouve Ces mêmes points dans la mitsvah d’écrire un rouleau de la Torah car cette mitsvah est manifestement aussi dans l’intérêt des générations à venir, comme le précise le texte : " et tu enseigneras aux enfants d’Israël ". C mitsvah établit également un lien entre les lois écrite et orale selon l’avis des autorités qui pensent que cette obligation peut être acquittée par l’écriture et l’acquisition de livres de commentaires de la Torah.
3) En lisant les ordres de Moché à Yehochou’a, nous devons nous pencher sur la relation qu’il y entre eux. Bien que leurs niveaux ne furent pas identiques, le Livre de Yehochou’a est considéré comme si fondamental qu’il aurait été donné au peuple juif même si celui-ci n’avait pas fauté (contrairement aux autres livres du canon biblique)... En fait les huit derniers verset de la Torah furent écrits par Yehochou’a était Moché se réfère à l’époque de Yehochou’a comme s’il (Moché) est encore vivant. (voir Devarim 31/29 et Rachi sur place).
Toutefois le lien entre eux est aussi fragile que celui existant entre Abraham et son serviteur-élève Eliezer, qui s’efforçait d’apprendre d’Abraham toute la Torah et dont le visage avait la même physionomie que celui d’Abraham ; malgré cela, après la mort d’Abraham Eliezer retourna vers l’idolâtrie (voir Sofrim 21) !
La différence est qu’Eliezer en tant qu’esclave n’avait absolument rien de lui-même. Bien qu’il ait absorbé la Torah de son maître Abraham au point de devenir un duplicata de celui-ci, la Torah ne lui était pas réellement acquise et lorsqu’à la mort d’Abraham le lien entre les deux fut rompu, la vitalité d’Eliezer se dessécha aussitôt.
Alors la Torah passa à Yitshak qui développa sa propre qualité de gevoura (rigueur) et c’est cela une véritable Torah de vitalité (torath ‘haïm).
Il en était ainsi aussi pour Moché avec son élève Yehochou’a. Bien que le visage de ce dernier ne fut, selon l’expression de nos maîtres, que comme la lune par rapport au soleil, la conduite du peuple juif pendant ses jours fut complètement autonome et original. C’est en cela que se résume la transmission de la Torah de génération à génération.
Nos sages disent que Ya’akov (Jacob) ne mourut pas (Ta’anith 5b). L’explication est que n’est considéré comme " mort " que celui dont il ne reste plus rien après sa vie, ce qui ne fut pas le cas de Ya’akov puisque sa Torah continua à inspirer ses enfants. (contrairement à Eliézer qui ne légua point de Torah).
Il en fut de même pour Moché dont la Torah resta intacte à tout jamais et ainsi à son propos aussi il a été dit qu’il n’est pas mort. (Sota 13b)
Ainsi la Torah, sans e jamais changer
en aucun temps et aucun cas, contient en elle toutes les conduites différentes
de toutes les générations. Nous comprenons par cela également
le fait que jamais deux prophètes n’ont utilisé le même
langage.