PARCHAT VAYERA

AVRAHAM, ENSEIGNANT DE L'HOSPITALITE

Mr. Yitshak Kisraoui, Epinay sur Seine

On m'a raconté l'histoire d'une personne qui était en déplacement dans une ville où elle ne connaissait absolument personne. Épuisée, affamée et en détresse elle fut accueillie par un membre de la communauté qui, subtilement, comprit exactement les besoins de l'invité. Il lui fournit vraiment tout, sans que pour autant il lui fit sentir tous les efforts que lui et les membres de sa famille faisaient à son égard.

L'accueil fut si chaleureux et naturel que l'invité oublia tout simplement sa fatigue et ses chagrins... Dans son hôte il ne voyait plus un simple homme mais un véritable représentant, envoyé par HACHEM lui même...

Peut-être l'histoire a été la votre, car, probablement, nous tous un jour ou l'autre nous avons eu besoin de chaleur humaine et de la disponibilité totale d'autrui.

En tous cas, en entendant cette histoire je revoyais le déroulement exact du début de parchat Vayéra.

Trois hommes inconnus visiblement fatigués et affamés par un voyage dans le désert passent à une certaine distance de la tente du patriarche Avraham. Celui-ci, malgré sa propre fatigue- c'était le troisième jour de son berith mila, sa circoncision, effectuée à un âge élevé- court à leur rencontre et les prie de venir se rafraîchir chez lui et de prendre une légère collation.

Avraham, père du monothéisme absolu, et affaibli lui même, bienque les prenant pour des païens ordinaires, n'épargne aucun effort pour leur faire oublier la fatigue.

Après la "modeste" invitation il leur fait servir un repas du plus copieux. Il se précipite lui même vers le bétail pour aller effectuer l'abattage. Ve-el habakar rats Avraham. Selon le midrach il égorgea trois bêtes entières pour pouvoir servir chacun de ses invités la délice ultime de l'époque, qui consistait en une langue à la moutarde!

Pourquoi tant d'efforts de la part d'Avraham pour des invités païens lorsque, dans son propre état de fatigue, il était certainement dispensé de tout cela?

C'est qu'avant tout Avraham a voulu faire découvrir au monde pas seulement qu'il n'y avait qu'un seul et unique D., mais encore il a voulu faire connaître à tout le monde -et aux idolâtres en premier- qui était ce D. Pas un D. coléreux et vicieux comme ces idoles de la mythologie mais un D. généreux qui ne veut rien d'autre que le bien de l'humanité.

Le 'Hafets Haim, dans son livre Ahavat 'hessed, écrit que ce récit d'Avraham a été inclus dans la Torah pour que nous, à notre tour, nous puissions nous inspirer du comportement généreux d'Avraham, pour apprendre à être d'avantage à l'écoute des besoins d'autrui et ainsi de pouvoir refléter les qualités de HACHEM dans ce monde.

La guemara Bava Metsia 87a dit à propos du miracle de la manne que le peuple juif consomma miraculeusement dans le désert que celle-ci provenait du mérite d'Avraham car, tout ce que Avraham a fait lui même (il avait couru lui même vers le bétail !), HACHEM a remboursé Lui même à sa descendance.

Certains actes de générosité peuvent être tellement puissants qu'à travers eux une personne peut léguer des miracles à ses enfants et petits enfants.

La Torah nous enseigne dans cette paracha que si l'accueil d'autrui ne connaît pas de limites alors HACHEM, à Son tour, se conduira avec nous et avec nos enfants, aussi sans limites.
  


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

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