PARACHAT BECHALAH

Vehamaïm lahem 'homa - Et l'eau leur fût un mur. [Chemoth 14/22 et 14/29]

Commentaire du Midrach : 'Héma ketiv, (le terme homa est écrit sans la lettre Vav)

Rav Yitshak Jessurun


Deux fois dans le récit de la traversée de la mer Rouge nous lisons le miracle que les eaux se sont dressées comme des murs. Le mot "mur" se dit en Hébreu 'homa. (Heth, Vav, Meme, Hé) Toutefois, la deuxième fois, la lettre Vav est absente, de sorte qu'on pourrait y lire le mot 'héma, la colère. Nos 'hahamim, nos sages nous enseignent qu'en effet, lors de latraversée de la mer Rouge, il y avait une certaine colère dans l'air. Et ce, comme argumentaient alors les anges, les Bné Yisrael, le Peuple Juif, étaient encore loin d'être parfaits. Il y avait donc l'accusation dans l'air des anges qu'Hachem n'avait pas à sauver un peuple qui dans l'apparence se conduisait encore comme les Egyptiens.

En quelque sorte, les eaux bien qu'en position de murs étaient en colère et désiraient retomber sur le peuple juif.

Hachem répondit qu'ils seraient sauvés tout de même à cause de leur potentiel et de leur volonté de devenir des gens bien.

Mais, demande le Ga'on de Vilna; pourquoi l'allusion à cette colère se trouve seulement dans la deuxième mention du mot 'homa ? Il aurait été plus plausible de trouver la remise en question par les eaux immédiatement dans le premier texte.

Et la réponse de Rabbi Eliahou de Vilna va à travers un midrach qui relève qu'il y avait alors deux catégories de Juifs. Ceux, inconditonellement confiants en Hachem, tel Na'hchon ben Aminadav, qui n'hésitaient pas à se jeter tout de suite à l'eau. Cependant, il y en avait d'autres qui voulaient bien voir le miracle avant d'y croire et avant d'obéir à l'ordre d'Hachem d'avancer dans l'eau. C'était, bien entendu ces derniers qui voulaient d'abord les preuves d'Hachem avant d'agir, qui causaient la colère des eaux et le désir de ces eaux de leur retomber sur la tête.

Toutefois, lorsque la première catégorie entra dans l'eau, il n'y avait encore point de raison pour la colère, ce n'était que plus tard, lorsque les douteurs arrivèrent, que l'eau était en colère et c'est donc pour cette raison que ce n'est que dans le deuxième texte, qui correspond à l'arrivée de la deuxième catégorie de gens, que la Torah nous informe de cette colère.


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

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