PARACHAT CHEMOTH

Vatiréhou eth hayeled - et elle vit l'enfant.

Rav Yitshak Jessurun

Commentaire de Rachi au nom du Talmud [Sota 12b] : vatiréhou, et elle Le vit - elle vit la Chehina (la précence divine) avec l'enfant.


Le texte aurait du dire simplement : vatiré eth hayeled Elle voyait l'enfant (au lieu de vatiréhou " "elle le vit, l'enfant") Le Ga'on de Vilna nous rappelle que par ailleur le terme Hou, - lui, indique Lui, l'autre, par excellence et est donc un des noms de D. [Chabbat 104a ] Le mot "eth" doit ici être rendu par "avec" de sorte que la lecture du texte donne : "et elle Le voyait (D.) avec l'enfant."

Bitya, princesse et fille même du tout puissant roi égyptien Pharaon décidé à exterminer tous les nouveaux nés mâles dans son pays, découvre un enfant juif dans un berceau de fortune qui flotte sur le Nil. Malgré les instructions formelles de son père, elle n'hésite point et sauve l'enfant. Par cela elle témoigne d'un courage exceptionnel.

A première vue, son mérite se trouve diminué par le fait que, selon le midrach cité, elle constata clairement la présence divine avec le bébé. Pouvait-elle encore faire autre chose que le sauver ?

Cependant, bien qu'accompagnée par des servantes, apparemment, il n'y avait que Bitya qui remarqua cette présence divine ; personne d’autre de son entourage.

C'est qu'en effet la chehina, la présence divine est souvent tangible et perceptible à toutes sortes d'occasions et toutes sortes d'endroits mais c'est l'homme qui n'est point sensible à cette présence de manière qu'il ne s'apercevra de rien !

Tel Bal'am le grand prophète des nations qui jadis ignora complètement la présence d'un ange barrant sa route ; pourtant l'ange avait été signalé par l'âne du "prophète". C'est comme pour nous dire que lorsque l'homme a perdu la sensibilité à la présence divine il peut être pire que l'animal...

C'est là que se trouve le mérite de cette princesse égyptienne : bien que vivant dans un pays d'impureté et de mépris pour autrui, elle avait gardé la sensibilité de voir autrui et de voir les miracles que D. fait pour celui prêt à les voir.


© Centre d'Etudes Juives Ohel Torah

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